JDB_N1_2022_WEB02_COMPLET

49 | JDB MARSEILLE 1 / 2022 tourne vers les journalistes et exige qu’il soit dans l’article du lendemain. J’ai eu mon premier article de presse grâce à Emile Pollak ; c’était vraiment un sacré moment ! Quelles sont les évolutions de notre métier qui t’ont leplusmarquées ? C’était une autre époque car aujourd’hui on ne plaide plus. C’est ce que je regrette vraiment. Depuis quelques années, devant le tribunal correctionnel notamment, on voit certains magistrats montrer des signes d’impatience. Moi, ils me connaissaient, ils savaient qu’à tout moment ça pouvait exploser, alors ils me laissaient plaider le temps que je voulais (« je suis sympamais faut pas m’em… »). Mais chez les jeunes c’est souvent malheureusement différent. Alors que lorsque l’on est jeune, on doit apprendre et c’est donc là qu’il faut plaider. Ce que je vois également, c’est une forme de régression de la confraternité dans nos rangs. On conclut la veille pour le lendemain alors qu’on pouvait le faire depuis longtemps. Au pénal j’ai pu voir fréquemment le confrère qui débarque un commis d’office sans même le prévenir ; de mon temps ça n’existait pas car on était immédiatement convoqué et sermonné par le bâtonnier. J’ai aussi l’impression que l’avocat est devenu un robot qui privilégie le [ J’ai eu mon premier article de presse grâce à Emile Pollak ; c’était vraiment un sacrémoment !] HISTOIRE ET MÉMOIRE DU BARREAU

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