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CULTURE

Journal du Barreau de Marseille numéro 1 - 2013 61

L’EMPIRE DU SONGHAÏ

(Mali et Niger)(1458 – 1591)

Le sonni ALI BÈR, roi du Songhaï, vassal du Manden, s’empare de Tombouctou en 1458. Ce génie militaire met sur pied une armée professionnelle disciplinée et construit une flotte de guerre qui maîtrise la boucle du Niger. Il abat le Manden et établit sur ses ruines l’empire songhaï. Il n’aura de cesse de repousser les Touareg dans le désert et de défendre la culture négro-africaine. La mosquée de Sankoré sera cependant édifiée (aux dimensions de la Ka’ba). Tombouctou est alors à son apogée et compte 100 000 habitants (le double de la population actuelle).

Mais le royaume saadien de Marrakech (terme plus tard déformé en « Maroc ») se heurte au Songhaï pour le contrôle des salines de Teghazza qui passent sous l’au-torité du sultan AHMED al-MANSUR en 1584/85. Le 12 avril 1591 l’armée maro-caine, disposant de mousquets et com-mandée par JAWDAR Pacha (eunuque

morisque, c’est-à-dire espagnol musulman), met en déroute l’askiya (empereur) ISHAK II à Tondibi. Le 30 mai 1591 Tombouctou tombe aux mains des Marocains.

LE SULTANATDUMAROC : LE PACHALIK

(1591 – 1800)

La boucle du Niger et le désert sont annexés au Maroc et forment désormais le pachalik de Tombouctou dont le premier pacha désigné, Mahmud ben ZERQUN, est pro-bablement occis en 1595 par JAWDAR Pacha qui entend se tailler là une lucrative principauté et s’empressera ensuite d’empoisonner ou d’étrangler les trois successeurs nommés par le sultan. En octobre 1591 la population s’est bien soulevée contre les envahisseurs mais la rébellion a été matée et les élites lettrées, dont le grand savant et juriste Ahmed BABA, ont été exilées à Marrakech. Les descendants de l’armée marocaine (andalous, berbères, arabes), peu à peu métissés avec les peuples noirs locaux, forment alors une nouvelle ethnie, celle des Arma (« porteurs de fusil »), qui va progressivement s’imposer et prendre le pouvoir. Mahmud el-LARGO († 1612), mercenaire espagnol et dernier pacha marocain est destitué par l’Arma Ali at-TELEMSANI et à partir de 1618 les pachas sont élus par les Arma et n’ont plus qu’un lointain, formel et théorique lien de vassalité avec le souverain marocain.

Le grand sultan MULAY ISMAÏL ben SHERIF (1672-1727) transporte sa capitale à Meknès et reprend (très provisoi-rement) la main sur le pachalik de Tombouctou. C’est lui, sa munificence l’autorisant à se comparer à LOUIS XIV, qui avait (en vain) officiellement demandé la main de Marie-Anne de BOURBON, dite Mademoiselle de Blois, future princesse de Conti et fille naturelle légitimée du roi de France…

Les Touareg n’ont pourtant pas abandonné leurs prétentions et leurs raids contre Tombouctou se font de plus en plus pressants : notamment en 1729, puis en 1737 (occupation de la ville pendant 3 ou 4 mois), en 1760 et en 1771 (siège). Finalement, c’est en 1787 que l’amenukal des Iwillimidden, chef d’une des cinq fédérations touareg ori-ginaire de l’Adrar des Ifoghas, s’empare de Tombouctou. Le pachalik échappera désormais aux Arma pour devenir targui tout en demeurant, à titre uniquement nominal, vassal du Maroc.

LE ROYAUME DE SÉGOU

(delta intérieur du Niger)(1800 - 1825)

Pendant ce temps, juste aux portes sud de la cité, le royau-me bambara de Ségou recouvrant le riche delta intérieur du Niger est conquis, vers 1712, par MAMARI BITON

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