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« Previous Page Table of Contents Next Page »Journal du Barreau de Marseille numéro 1 - 2013 43
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ichard Wagner est né à Leipzig le 22 mai 1813. Verdi Giuseppe, la même année, à Roncole. Les opéras du monde entier célèbrent en 2013 le bicentenaire en constellant leur saison de leurs œuvres. Les programmes rivalisent d'affiches. Les labels s'affol c'est à qui va sortir le premier l'archive essentielle ou le nouvel enregistrement qui va faire date ! Les producteurs se livrent une bataille sans merci, c'est à qui va débaucher tel ténor ou telle basse ! Les croisiéristes rivalisent en multipliant des voyages conférences concerts. A Venise ce fut Tristan und Isolde, puis Otello. A Zurich se sera Le Vaisseau Fantôme. A Vienne ce sera autre chose, comme ailleurs en Europe.
Les esprits tristes diront que ca va faire beaucoup. Mais in fine c'est de musique dont il s'agit d'abord. Comment en être rassasié, et notamment de celle-là ? De musique il n'y en a jamais trop.
Marseille capitale européenne de la culture a apparemment choisi la singularité. Et le contrepied. C'est une posture, si telle est bien l'explication, qui se défend. Marseille n'étant ni Leipzig, ni Bayreuth, ni Dresde, ni Milan (qui accueille la nouvelle production de « Nabucco » du 1er au 3 février), ni même Valenciennes où se tient en février un colloque plein de promesses sur les deux artistes. C'est ainsi que côté bicentenaire, foi d'exception culturelle, nous aurons simplement droit à l'Otello de Verdi (en mars) et à un concert symphonique (le12 avril) avec « Les Maîtres Chanteurs de Nuremberg » et l'ouverture de « Tannhaü-ser », deux « gros morceaux » certes s'annonçant au mieux sous la direction de Fabrizio Maria Carminati. Mais cette année pas d'opéra wagnérien.
Ne pas se plaindre néanmoins, les saisons précédentes ayant offert leur lot de belles productions. Profitons au passage pour saluer l'audace de la programmation mar-seillaise depuis plusieurs années rompant justement avec le pas de deux supposé obligatoire Verdi- Wagner ! L'histoire de l'opéra marseillais fut en effet longtemps celle de la question - qui a perdu de son acuité avec le temps et les modes - de savoir si le public lyrique y était (est encore ?) verdien ou wagnérien. J'aime imaginer qu'il fal lai t choisir son camp, ce que nous faisons au quotidien...En ce temps là, pas si lointain, on n'avait pas honte d'applaudir très fort, ni de huer et siffler aussi. Cela
t p du un peu dans les temples de musique.
Ces joutes, même ceux qui ne veulent ou ne peuvent s'en-gager dans un camp - comment choisir entre ces deux univers fonctionnant comme de vrais pièges esthétiques et sensuels dont on ne peut sortir indemne - les savourent sans le dire. Ainsi ont-ils souri, sinon carrément graves, en suivant ce qui s’est noué en Italie. Un épisode rap-pelant la violence et la passion que mit un jour en scène Lucchino Visconti. L'Italie n'a en effet pas digéré que l'année 2013 puisse débuter à la Scala avec un « Lohen-grin » damant la préséance à Falstaff, ce Lohengrin dont Wagner lui -même disait pourtant qu'elle était son œuvre la plus... italienne !
Saluons toutefois les milanais, beaux joueurs et amoureux fous de musique, qui ont toutefois réservé un bel accueil à Elsa et consorts menés par la baguette magique du chef Baremboim. Il fallait assister à la fin du spectacle lors-qu'entonnant l'hymne italien, Kaufmmann en tête, et après que les roses ont constellé le parterre et les artistes, la salle unifiée qui s'est perdue dans les vivats. La Scala ne sera de toute façon pas privée ni de Verdi ni de Wagner sur toute la saison car, mis à part un Rossini et un Raskatov, tout le programme étant partagé entre les deux géants. Revenons à Marseille.
A Marseille, c'est la grande clameur italienne qui a annoncé la capitale et la culture en 2013 !
Elle s'est élevée fin d’après midi le 12 janvier 2013 sur le parvis de l'Opéra. Le chef des chœurs était juché sur les grilles tel un révolutionnaire garibaldien. Sur l'air « Libiamo ne'lieti calici » de la Traviata de Giuseppe, les marseillais ont entonné en chômeur cette « chanson à boire » comme le résume le site internet de notre opéra qui s'est refait pour l’occasion une jolie peau.
2013 sera verdienne ou ne sera pas ! Mais les wagnériens, j'en suis certain, ne vont pas tarder à se faire entendre ! Vive la musique !
DOssIER
Christian BAILLON-PASSE Avocat au Barreau
MARSEILLE 2013 :
V ERDI OU W AGNER ?
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