Ordre des avocats au barreau de Marseille
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Rencontre avec Me Sébastien Wust

 

 

 

 

Maître Sébastien Wust est inscrit au barreau de Marseille depuis sa prestation de serment en 2005. Il exerce en qualité d’avocat associé au sein du cabinet Carlini & Associés, principalement dans les domaines de la réparation des préjudices corporels. Depuis plusieurs mois, Me Wust s’adonne à une pratique artistique que nous ne pouvions occulter 
dans cette rubrique. Nous l’avons donc rencontré 
pour discuter de son nouveau One man show intitulé « Maître, vous avez la parole ».

 

 

Avocat inscrit au barreau de Marseille, tu te produis également sur scène dans une pièce intitulée « Maître vous avez la parole » ; peux-tu nous présenter ton spectacle ? 

Alors je joue le rôle d’un avocat – … un rôle de composition évidemment … – qui est en retard pour son audience. C’est un cas d’école, comme tu le sais … Mais cet avocat constate avec soulagement, et agacement, que le juge est plus en retard que lui. Alors, puisqu’il doit attendre, il échange avec le public.Et profite de cette occasion pour casser avec humour, un certain nombre de clichés que les gens ont sur notre profession. Nous le savons, le grand public nourrit beaucoup de fantasmes sur ce que nous sommes, sur la manière dont nous travaillons, entre nous et avec nos clients, sur les raisons qui nous portent à accepter ou refuser tel ou tel dossier.

 Un exemple : tu connais ce moment où tu apprends à une personne que tu es avocat et qui te demande avec une curiosité presque gênante : « mais comment vous faites pour défendre des tueurs d’enfants ? » … Voilà … La vision qu’ont les gens de notre profession est très largement déformée par le prisme de la télévision, par les fictions, les documentaires. Beaucoup romancent notre vie. La réalité est très différente et j’ai eu envie de le dire sur scène, mais de le faire en passant par la comédie, la caricature. C’est comme ça que j’ai créé à partir de 2018, avec l’aide de mon metteur en scène Laurent Bariohay, ce personnage d’avocat un peu désabusé, qui regarde le monde judiciaire dans lequel il navigue, avec ironie et une certaine impertinence. Et puis j’ai imaginé des personnages secondaires qui sont avec lui sur scène, même si on ne les voit pas : une greffière légèrement acariâtre, un vieux copain un peu lourd, une épouse qui ne manque pas une occasion de le piquer. Le décor, c’est donc une salle d’audience.

Les spectateurs sont le public de cette salle d’audience. Et l’avocat que je joue prend le public à témoin de ce qui lui arrive. En mêlant, ainsi, une brochette de personnages, une interaction avec les spectateurs, et un fil rouge qui fait le lien entre les différents sujets abordés – qui vont des moyens de preuve au moyen-âge au père Noël, en passant par le Code pénal … – , j’ai voulu écrire un spectacle à mi-chemin entre le stand-up et le théâtre, une sorte de « one avocat show », qui parle de vrais sujets, mais sans se prendre au sérieux.

Cette « double vie » n’est-elle pas trop complexe à gérer quand on connait le quotidien d’un avocat ? 

Oui, c’est vraiment une « double vie » aujourd’hui. J’ai la chance d’être désormais accompagné par une production sur « Maître, vous avez la parole », et de jouer dans d’autres spectacles comme la comédie « En attendant » qui était programmée à Marseille fin novembre.

 

 

[ une sorte de « one avocat show »,
qui parle de vrais sujets,
mais sans
se prendre au sérieux.]

 

Je suis sur scène presque tous les week-ends et parfois loin. Donc, je dois m’organiser. C’est presque « militaire ». Je n’ai pas le droit d’être désordonné. La seule clé que j’ai trouvée, c’est le planning, programmer le plus en amont possible, chaque activité, et quand une urgence survient, savoir s’adapter. Mais je ne suis pas seul à vivre ça. Nombreux sont les avocats confrontés à ces contraintes de temps, qu’ils aient ou non des activités annexes. Et il faut dire que beaucoup de confrères pratiquent une activité artistique : théâtre, écriture, peinture…  Notre barreau regorge de talents. Je travaille beaucoup et souvent tard, cumulant parfois 2 journées en 1, mais comme beaucoup d’autres avocats. Et je peux compter au cabinet sur des collaborateurs de grande valeur, technique mais surtout humaine, qui permettent cette organisation. Jusqu’à présent, j’ai pu trouver un équilibre, entre mon activité d’avocat que j’exerce depuis 2005, celle de comédien depuis plusieurs années aussi, et ma vie de famille que je veux absolument protéger. Pourvu que ça dure.

Et si tu devais faire un choix ? 

Pourquoi faire un choix ? Pour l’instant, je ne me pose pas cette question. Je n’y suis pas contraint et c’est tant mieux. Sans faire de comparaison hasardeuse, qu’aurait répondu Éric Dupond-Moretti si on lui avait posé cette question quand il était avocat et que dans le même temps, il se produisait sur scène, jouait dans « Neuilly sa mère » ou dans le film de Claude Lelouch ? Et tout ça pour finalement prendre une autre voie qu’il avait expressément écartée quelques années avant …  Personne ne peut dire ce qu’il fera dans quelques années, quels seront les choix qui lui seront offerts. Ce que je sais c’est que je suis entré dans la profession d’avocat avec passion. Je l’exerce depuis presque 17 ans. J’aime la liberté qu’elle me procure. Si, parfois, elle est source de stress, d’interrogations, elle m’apporte aussi beaucoup de satisfactions. J’ai la chance d’appartenir à un barreau énergique et à l’écoute. 

Ça compte. Dans le même temps, je suis très heureux sur scène. Les émotions que me procurent l’écriture et le travail de jeu, sont incomparables. Alors, si le premier seul en scène que j’ai écrit a pour sujet notre profession, ce n’est pas un hasard. C’est une sorte de « pont » entre mes deux « vies ».  Je pense même que le spectacle « Maître, vous avez la parole » ne serait pas né sans le barreau. Comme tu le sais, je fais partie de La Revue du barreau, et c’est cette Revue qui m’a permis de monter sur la scène du Gymnase en 2018 pour présenter mes premiers sketchs. Avant, je jouais mais je n’écrivais quasiment pas. Alors, à Michel Amas et à toute la troupe de La Revue, je leur dis merci de m’avoir injecté ce virus. Aujourd’hui, l’une de mes grandes fiertés est de rencontrer et discuter avec les confrères qui viennent me voir après le spectacle. J’ai voulu humblement parler de nous, et le faire avec les habits de comédien. Et dans ces échanges à la sortie de scène, je me dis que j’ai peut-être réussi cet équilibre. Donc, choisir n’est pas d’actualité. Ce que je sais par contre, c’est que je ne pourrais pas aliéner ma vie de comédien. Elle a pris une place trop importante. 

 

 


EN TOURNÉE

A Marseille, 
au théâtre L’Art Dû 
14 et 15 janvier à 20 h 00
16 janvier à 17 h 00

A Lorient, au théâtre Sale Histoire
11 février

A Aix-en-Provence, au théâtre 
Le Flibustier
Les 3 et 4 mai 

A Avignon, toute la durée 
du Festival Off, au théâtre Pixel, salle Bayaf

 

Propos recueillis par
ME Jean-Baptiste Blanc

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