Ordre des avocats au barreau de Marseille
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INTERVIEW CROISÉE DES REPRÉSENTANTS DE NOTRE PROFESSION : HÉLÈNE FONTAINE

 




L’organisation de la 30ème Juris’Cup était une merveilleuse occasion pour rencontrer ceux qui sont à la tête de nos institutions représentatives.

Nous avons ainsi pu échanger avec Jérôme Gavaudan, président du Conseil national des barreaux, Hélène Fontaine, présidente de la conférences des bâtonniers, et Olivier Cousi, bâtonnier du barreau de Paris, pour connaître et comprendre leur engagement dans l’intérêt de notre profession, leur vision d’une nécessaire unité ainsi que leur regard sur le métier d’avocat. L’occasion aussi de les remercier sincèrement pour leur disponibilité qui a rendu possible cette interview croisée.


Hélène
FONTAINE

Présidente de la conférence 
des bâtonniers





Cet article est issu du JDB Marseille 
pour le consulter en intégralité, c'est ICI

  



JDB : Vous êtes tous les trois à la tête de nos institutions représentatives.

Que répondez-vous à ceux qui ne comprennent pas pourquoi notre profession est gérée de la sorte, craignant de voir un manque d’unité dans les combats qui peuvent être menés ?

Hélène Fontaine : La Conférence des bâtonniers a été créée il y a 120 ans. Elle regroupe l’ensemble des barreaux de France hors Paris. Les 163 Barreaux de l’Hexagone et de l’Outre-Mer permettent un maillage des territoires. La présence de l’ordinalité dans ces territoires est nécessaire à l’autorégulation de notre profession. Son rôle est essentiel. Il n’y a pas d’absence d’unité de la profession. Il n’y a donc pas de craintes à avoir. Le CNB, le barreau de Paris et la Conférence des bâtonniers travaillent dans la même direction. Ils connaissent le souci des confrères qui est celui de l’unité. 

Ils ont prouvé leur travail en commun, chacune des institutions restant à sa place, collaborant et se complétant dans de très nombreux domaines. Je citerai, entre autres, la crise de la Covid ou la réforme des retraites. Sans une vision dans la même direction, jamais les avocats et les ordres n’auraient été aussi forts.
Mon souhait, comme celui du président du CNB, Jérôme Gavaudan, et du bâtonnier de Paris, Olivier Cousi, est de continuer dans cette direction, qui est la bonne.

  

La profession d’avocat semble, toujours aux yeux de certains, être fragilisée depuis de nombreuses années et de nombreux combats ont été menés depuis des années.

Quel est celui qui vous a le plus marqué,
et pourquoi ?

Hélène Fontaine : Il est vrai que notre profession est une cible et qu’elle est attaquée fréquemment. Cependant, les avocats et les ordres ont su démontrer leur résistance. J’en veux pour preuve le combat contre la réforme des retraites. C’est celui qui m’a le plus marquée, tout d’abord parce que je venais juste de débuter mon mandat de présidente de la Conférence des bâtonniers au mois de janvier 2020 et parce que ce combat a débuté très fort. Il m’a également marquée parce qu’il était juste avec des avocats et des ordres totalement impliqués. Quels que soient les domaines d’activité, quelle que soit la taille des barreaux de France, les avocats étaient tous présents.

Ils se sentaient trahis et ils étaient tous solidaires. Le combat pour la réforme des retraites a été dur, il a persisté durant de nombreux mois. Il a été un véritable bras de fer avec le gouvernement et nous en sommes sortis grandis. Les citoyens ont compris les avocats, les ont soutenus et se sont rendu compte qu’ils étaient loin d’être des nantis. Notre profession est désormais considérée avec beaucoup de sérieux par le gouvernement. Les avocats, en colère, comptent beaucoup politiquement.

  

Pouvez-vous nous donner votre vision
de la justice en France et de la profession
d’avocat dans les années à venir ?

Hélène Fontaine : La justice en France ne sera une bonne justice que lorsqu’elle sera dotée des moyens nécessaires et suffisants. Tant que cette question ne sera pas définitivement réglée, les citoyens n’auront jamais confiance dans leur justice car elle sera semée d’embuches et ne sera pas considérée. La justice, dans les années à venir, sera aussi, entre autres, liée à la numérisation qui ne cessera de se développer, aussi bien dans les tribunaux, les cabinets d’avocats, que dans les ordres. Les visio-conférences seront plus nombreuses. Cependant, il nous faudra veiller à garder le contact humain. Il nous faudra veiller également à ce qu’il y ait toujours des audiences, lorsque nécessaire, parce que l’humanité est l’un des socles d’une justice équitable. 

L’avocat n’a-t-il pas prêté le serment d’humanité ?
Il devra y veiller et le rappeler sans cesse. L’intelligence artificielle fera aussi partie de la justice du futur.
Elle sera un outil que l’on ne pourra ignorer mais qu’il conviendra de savoir manier avec soin.
La justice en France, dans les années à venir, devra également s’inscrire dans les règles européennes qui seront de plus en plus présentes. On ne pourra plus penser uniquement franco-français.

  

Quel message souhaiteriez-vous
délivrer à un avocat qui
prête serment ?

Hélène Fontaine :Je pourrais lui dire qu’il a eu raison de souhaiter embrasser notre belle profession. C’est une profession exigeante, mais tellement passionnante. Il est nécessaire que ce jeune confrère s’oriente vers ce qu’il aime mais il doit apprendre aussi à connaître les différents domaines de la profession d’avocat avant de s’orienter définitivement. Le droit s’est considérablement complexifié et les avocats conseillent et défendent partout, dans tous les domaines. Un avocat qui prête serment doit être bien formé, afin d’exercer la profession avec le plus de compétences possibles dans le cadre d’une qualité irréprochable et dans l’intérêt bien compris de son client. Il doit être ouvert vers les autres, vers le monde. 

Il doit être curieux, recevoir le savoir des anciens et apporter son savoir de modernité à ces derniers. Il ne doit pas penser qu’il y a une façon unique de travailler. Il ne doit pas hésiter à s’orienter vers les modes alternatifs de règlements de conflits, telle la médiation. Cette façon de travailler est une attente de nos concitoyens qui veulent construire ensemble avec l’aide de leurs avocats, la solution à leur litige afin d’avancer et de passer à autre chose. Cette façon de travailler s’inscrit dans le cadre d’une solution adéquate dans une société de plus en plus rapide.

  

Après tant d’années d’expérience et
d’engagements au service de notre profession,
pouvez-vous nous expliquer pourquoi
nous exerçons un des plus beaux métiers ?

Hélène Fontaine :Parce que nous défendons et nous conseillons, que nous assistons et que nous représentons les justiciables qui ont besoin de nous, qui ont confiance en nous, et qui comptent sur nous. Nous jouons un rôle social crucial, nous avons un rôle de garant de la démocratie, ce qui est un honneur. Nous n’hésitons pas, par ailleurs, à nous engager pour les causes contraires aux droits de l’homme en France et dans le monde entier. Nous savons nous lever, solidaires, lorsque cela est nécessaire. 

Nous pouvons être fiers de nos combats. Nous exerçons un des plus beaux métiers parce que nous sommes indépendants, et quand bien même nous connaissons des freins de plus en plus fréquents à cette indépendance, nous résistons pour elle avec force parce que nous sommes des passionnés.

Retrouvez ici les réponses des Bâtonniers Jérôme GAVAUDAN et Olivier COUSI

Propos recueillis par
ME Jean-baptiste blanc 

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