Ordre des avocats au barreau de Marseille
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INTERVIEW CROISÉE DES REPRÉSENTANTS DE NOTRE PROFESSION : JÉRÔME GAVAUDAN

 




L’organisation de la 30ème Juris’Cup était une merveilleuse occasion pour rencontrer ceux qui sont à la tête de nos institutions représentatives.

Nous avons ainsi pu échanger avec Jérôme Gavaudan, président du Conseil national des barreaux, Hélène Fontaine, présidente de la conférences des bâtonniers, et Olivier Cousi, bâtonnier du barreau de Paris, pour connaître et comprendre leur engagement dans l’intérêt de notre profession, leur vision d’une nécessaire unité ainsi que leur regard sur le métier d’avocat. L’occasion aussi de les remercier sincèrement pour leur disponibilité qui a rendu possible cette interview croisée.


Jérôme 
GAVAUDAN
Président du Conseil 
National des Barreaux





Cet article est issu du JDB Marseille 
pour le consulter en intégralité, c'est ICI

  



JDB : Vous êtes tous les trois à la tête de nos institutions représentatives.

Que répondez-vous à ceux qui ne comprennent pas pourquoi notre profession est gérée de la sorte, craignant de voir un manque d’unité dans les combats qui peuvent être menés ?

Jérôme Gavaudan : Je leur dis qu’ils ont quelques années de retard. L’unité de notre profession est désormais une réalité qui résiste aux personnalités. Nous l’avons initiée avec Christiane Feral-Schuhl lorsque j’étais président de la Conférence des bâtonniers et Marie-Aimée Peyron, bâtonnière de Paris. Elle a continué avec Hélène Fontaine et Olivier Cousi et j’ai souhaité m’inscrire dans cette continuité lorsque j’ai succédé à Christiane Feral-Schuhl à la présidence du CNB. L’unité résiste aux changements de femmes et d’hommes. Elle résiste également aux crises : retraites ou COVID, la profession a su rester unie dans sa diversité. Le CNB est l’unique institution nationale représentant les avocats notamment auprès des pouvoirs publics en France et à l’international. C’est le lieu institutionnel où se forgent les positions de la profession. Depuis bientôt 30 ans, grâce au système électoral de désignation des 

membres du CNB, notre institution assure la représentativité des avocats dans leur diversité d’exercice, de localisation – Paris, province – et de genre. Les décisions prises en assemblée générale scellent cette ambition de donner à tous et à toutes voix au chapitre. Les deux membres de droit du CNB, que sont la présidente de la Conférence des bâtonniers et le bâtonnier de Paris, assurent respectivement l’organisation des ordres au niveau local et celle du barreau de Paris recensant près de la moitié des avocats de France. Autant dire que nous nous complétons. Toutefois, cette complémentarité ne prend tout son sens que dans une volonté affichée d’unité. Le CNB, la Conférence des bâtonniers et le bâtonnat de Paris ont démontré par le passé leur unité pour le bien de la profession, et nous afficherons la même méthode pour affronter les combats à venir.

  

La profession d’avocat semble, toujours aux yeux de certains, être fragilisée depuis de nombreuses années et de nombreux combats ont été menés depuis des années.

Quel est celui qui vous a le plus marqué,
et pourquoi ?

Jérôme Gavaudan : Les avocats, notamment dans le judiciaire, ont été malmenés par des réformes qui n’avaient d’autres objectifs que d’adapter le service public de la justice – et la procédure – à la pénurie de moyens matériels et humains. Mais la profession a relevé la tête quand l’inacceptable réforme des retraites a heurté nos valeurs et notre indépendance. Elle a su dépasser la crise sanitaire, et aujourd’hui, nous marquons des points sur le secret professionnel, l’acte d’avocat ou encore l’enquête préliminaire. 

Est-ce à dire que nous avons fini de manger notre pain noir et qu’un « printemps des avocats » se profile ? Tous les élus du CNB s’y efforcent. La campagne présidentielle qui s’annonce est l’occasion de faire valoir nos propositions pour ne plus subir les réformes mais les anticiper ou, encore mieux, les susciter. 

  

Pouvez-vous nous donner votre vision
de la justice en France et de la profession
d’avocat dans les années à venir ?

Jérôme Gavaudan : En contact permanent avec les Français, les avocats sont témoins des nombreuses injustices qui gangrènent notre société. Au CNB, nous avons fait de la lutte contre l’injustice une priorité. Les différentes crises que nous avons traversées – sanitaire, économique, démocratique- ont accru les injustices. Le récent sondage « In/Justice » réalisé par l’IFOP pour le CNB confirme ce constat. 71% des Français estiment que les injustices augmentent dans notre pays et 48 % affirment que la justice n’est pas la même pour tous. Le sentiment d’injustice est partagé par tous nos concitoyens, sans distinction de revenu, d’activité et de situation géographique. 

Il a pour corollaire une perte de confiance dans les institutions supposées régir notre société et notre justice. Pour autant, 73% des Français maintiennent leur confiance vis-à-vis des avocats pour résoudre les injustices. J’ai, à l’instar des Français, confiance en mes consœurs et confrères, ainsi qu’en l’avenir de la profession. Malgré les crises, les cabinets ont tenu. La profession attire toujours, elle est riche de la diversité de ses métiers et il faut préserver cette richesse. À cet égard, le barreau de Marseille en est le parfait exemple de par sa diversité, sa jeunesse et son dynamisme. Dans mon métier, il m’a tout apporté.

  

Quel message souhaiteriez-vous
délivrer à un avocat qui
prête serment ?

Jérôme Gavaudan : Je lui souhaiterais tout d’abord la bienvenue dans cette grande famille. Notre métier est le plus beau qui soit mais en tant qu’indépendant, entrepreneur, il n’est pas de tout repos. Il faut savoir se renouveler, croire en ses capacités et garder la foi qui nous animait dès les premiers instants.

  

Après tant d’années d’expérience et
d’engagements au service de notre profession,
pouvez-vous nous expliquer pourquoi
nous exerçons un des plus beaux métiers ?

Jérôme Gavaudan : Être avocat, c’est être une vigie de l’État de droit et de la démocratie. Être avocat, c’est s’engager pour l’accès de tous à la justice. L’avocat sait s’adapter à son temps tout en préservant les droits et les libertés fondamentales. La beauté de notre métier réside en cette capacité de pouvoir bouger les lignes.

Retrouvez ici les réponses des Bâtonniers Hélène FONTAINE et Olivier COUSI

Propos recueillis par
ME Jean-baptiste blanc 

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