JDB_N1_2021

PRIX LITTÉRAIRE DU BARREAU DE MARSEILLE Deuxième édition : C’est parti ! A peine le premier Prix Littéraire du Barreau de Marseille dé- cerné, hélas avec le retard que l’on sait en raison de la crise sa- nitaire, nous voilà de nouveau à l’œuvre pour la préparation du deuxième PLBM. La sélection des ouvrages est en cours, et l’actualité littéraire nous offre un vaste choix. Le festival « OH les beaux jours » dans le cadre duquel s’ins- crit notre prix, est fixé du 24 au 31 mai et nous espérons qu’il pourra se tenir, comme prévu, au Théâtre de la Criée. Laurent Petitmangin lauréat du premier prix pour son roman « Ce qu’il faut de nuit », sera cette année le président du jury. CORPS DÉFENDUS Laure Heinich, Editions Flamarion Laure Heinich est avocate au barreau de Paris, et aurait pu – comme le souligne d’ailleurs Julia Minkowski dans l’ouvrage précédent– être l’une de celles qui témoignent de leur passion dans les portraits des avocates pénalistes. D’un dossier, qu’elle a sans doute eu à connaître, l’autrice fait un roman qui ana- lyse avec finesse les sentiments de tous les protagonistes. Le désespoir des parents de la vic- time, l’accablement exaspéré de sa compagne qui veut à toutes fins voir dans le crime un mobile que rien n’établit, mais aussi les interrogations de l’avocate qui défend ces parties civiles et l’emprise inévitable de la vie professionnelle sur la vie per- sonnelle. À la fois trempé dans la réalité judiciaire et pourtant tout à fait romanesque cet ouvrage sou- ligne la complexité des situa- tions quand un dossier met en miroir la victime défendue et l’avocate la défendant. L'AVOCAT ÉTAIT UNE FEMME Julie Minkowski et Lisa Vignoli, Editions JC Lattès Jean-Louis Pelletier, grand avo- cat pénaliste, disait que notre métier est « de lignée ». Force est de constater que les avo- cates sont, ou plutôt étaient, dé- pourvues de modèle. C’est pourquoi en 2013 a été créé, à l’initiative de Julia Min- kowski et quelques autres avocates, le Club des femmes pénalistes. D’une part ce Club démontre qu’il y a bien des femmes avocates pénalistes pleinement engagées dans leur profession, et d’autre part il per- met les échanges entre aînées et plus jeunes, partage d’expé- rience et conseil, assurant ainsi « la lignée ». Rappelant dans l’avant-propos l’ombre tutélaire de Gisèle Halimi dans le pré- toire, neuf avocates – dont le choix subjectif est résolument assumé par les rédactrices de l’ouvrage – parlent chacune à leur manière de leur exercice professionnel dans un univers encore très masculin, et par- fois très macho, tant du côté des confrères que de celui des clients. Chacune choisit d’évo- quer une affaire, par forcément la plus connue, par forcément la plus difficile, mais ce dossier qui marque pour toutes une vie d’avocate. Merci à Julie Minkowski, avo- cate et Lisa Vignoli, journaliste, de nous avoir fait partager un instant la vie de ces femmes avocates et pénalistes, celles qu’elles nomment les « téno- ras » du barreau, ses « Du- pond-Moretta ». LA PLUME & LA ROBE UNE RUBRIQUE DE SYLVIE CAMPOCASSO 47 | JDB MARSEILLE 1 / 2021

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