JDB_N1_2021

VOTRE BARREAU judiciaire, car c’est le deuxième tri- bunal judiciaire de province. Dans ce cadre-là, toutes les ins- titutions œuvrent pour que cette grande cité judiciaire voit le jour à moyen terme. Nous faisons tout ce qui nous est possible pour que cette cité judiciaire soit localisée en centre-ville de Marseille. Chacun sait que la cité judiciaire est un des poumons économiques du centre- ville, qui en a bien besoin. En ce qui concerne les juridictions administratives, le siège de la cour administrative d’appel de Marseille ne changera pas. En revanche, il est acté que le tribunal administra- tif va déménager et s’installer aux Docks. Enfin pour revenir sur le tribunal judiciaire, je fais partie de ceux qui considèrent que le tribunal judi- ciaire est sous-dimensionné en termes de personnels, magistrats et greffiers, ce qui crée des dysfonctionnements et des ralentissements du traitement des procédures. Le tribunal judiciaire de Marseille dispose aujourd’hui d’un stock important de dossiers en raison notam- ment de ce sous-dimensionnement. Nous œuvrons tous afin que le minis- tère de la Justice prenne parfaitement conscience de la situation, afin que des moyens supplémentaires soient appor- tés à cette juridiction. La communicationde notre barreau a beaucoup évolué ces dernières an- nées. Comment vois-tu les choses pour lesannéesàvenir ? Si la communication du barreau de Mar- seille a beaucoup évolué, c’est parce que la société a beaucoup évolué. Aujourd’hui, la communication est un élément incontournable dans le fonction- nement et dans l’image de marque des avocats et des barreaux. Le barreau de Marseille dispose d’outils importants en termes de communication. Je pense au Journal du Barreau, qui m’interview aujourd’hui, et qui est un moyen de communication propre à notre barreau et qui, historiquement, existait en support papier, mais que nous venons aussi demettre sous support numérique. Je pense également à la communica- tion plus moderne avec la montée en puissance des réseaux sociaux. Dans cette perspective, nous devons encore faire preuve d’agilité, notamment sur les contenus. La mode actuelle est principalement à la communication sous la forme de vidéo. C’est la raison pour laquelle nous sommes en train de finaliser la création d’un studio vidéo au sein de la Maison de l’Avocat. Cela permettra au bâtonnier, notamment, de s’exprimer sur des sujets importants. Par exemple, j’ai pu le faire lors de mon intervention relative à la possibilité pour les avocats du barreau de Marseille de recevoir leurs clients après 18 heures, dans le cadre de la dérogation qui nous a été accordée par le préfet des Bouches- du-Rhône. Ce studio sera également accessible à tous ceux qui participent à la vie collective de cette institution. Je pense aux co-responsables de commis- sions. L’idée est que le travail des com- missions soit valorisé et mieux connu par l’ensemble de nos confrères d’une part, et d’autre part que ce travail à destination des justiciables soit également mieux connu par ces der- niers. As-tu un message parti- culier à adresser à nos lecteurs et plus particu- lièrement aux confrères dubarreaudeMarseille? Le message que je vou- drais faire passer est avant tout un message d’opti- misme. Notre barreau a traversé une tempête en 2020, comme il n’en avait pas rencontré depuis de nombreuses années et a démontré sa capacité de réaction. Notre force dans cette tempête est notre capacité à réagir et à être le moteur de notre évolu- tion. Quand on subit une crise de plein fouet, soit on s’effondre, soit on rebon- dit. Une très grande partie des cabinets d’avocats marseillais a su s’emparer des problématiques générées par la crise pour faire évoluer leur cabinet, dans les modes d’exercice, dans leur structuration et dans leur mode de communication. Cette crise nous a obligés à effectuer une introspection sur la manière dont nous exerçons notremétier. Nous avons, de manière très majoritaire, trouvé des réponses afin d’adapter notre activité et notre exercice au monde particulier dans lequel nous vivons. Depuis que j’ai commencé cette profes- sion, j’entends dire par certains qu’elle décline, mais la réalité c’est que nous sommes toujours là. Nous sommes ac- teurs de notre destin c’est donc à nous d’inventer les meilleures réponses pour nos clients. Ceci doit être la base des ré- flexions qui doivent nous animer. Il nous faut penser à l’avenir, en étant certains, que nous représentons une force et que nous sommes plus que ja- mais au cœur de l’activité de la société. Le besoin d’avocat, le besoin de droit n’ont jamais été aussi fort dans ce pays, n’en doutez pas ! ❚ Olivier Leurent, président du tribunal judiciaire et Jean-Raphaël Fernandez, bâtonnier du barreau de Marseille, lors de l’audience solennelle du TJ le 15 janvier 2021 au Palais Monthyon. 10 | JDB MARSEILLE 1 / 2021

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