JOURNAL DU BARREAU - 2
UJA Maison de l’avocat 51 rue Grignan 13006 Marseille C ’est Thomas Gonzalès, agressé le 17 septembre dernier par le patron de la cliente dont il dé- fendait les intérêts devant les prud’hommes de Montpellier. C’est le bâtonnier de l’Ordre des avocats de Port-au-Prince, Monferrier Dorval, assassiné le 28 août dernier, à son domicile, en pleine nuit, ou bien encore Hanane Al-Barassi, bou- clier des droits des femmes, récemment abat- tue en pleine rue à Benghazi. C’est aussi Ebru Timtik, morte le 27 aout 2020, dans les geôles turques après une grève de la faim de 238 jours - arrêtée le 20 juin 2019 en même temps que sept autres avocats parce qu’ils étaient membres de l'Association des Avo- cats Progressistes (ÇHD) - et dont le visage nous ronge. Comme celui de Nasrin Sotoudeh, condamnée à 33 ans de prison et 148 coups de fouet pour avoir défendu des femmes qui sou- haitaient se dévoiler et embrasser la liberté. Un impérieux soutien nécessaire au-delà des frontières, à tous les confrères et consœurs qui sont menacés, agressés, emprisonnés, voire torturés, quand ils ne sont pas tout simplement portés disparus, ou tout bonnement assassinés. Au lendemain du premier confinement, un sondage du Conseil national des barreaux (CNB) apparaissait non seulement édifiant, mais encore alarmant : un tiers des membres de la profession envisageait de la quitter, soit pour « changer de métier » soit pour « prendre une retraite anticipée ». Pour reprendre les termes récemment em- ployés par la présidente du CNB, Christiane Féral-Schuhl : «C’est extrêmement difficile pour tous. Mais il faut rester unis et solidaires. Et nos plus jeunes nous observent (…) ». Dans cette tempête, l’UJA se devait de ne pas rester silencieuse alors qu’un bon nombre de (futurs) confrères et de (futures) consœurs était et continue d'être encore pour beaucoup en grande difficulté. Pour ce qui est des colla- borateurs, en avril dernier, nous avons décidé d’alerter l’Ordre sur les ruptures abusives et sans préavis du contrat de collaboration li- bérale, le paiement partiel ou supprimé de la rétrocession d’honoraires ou bien encore le refus de la mise en place du télétravail lorsqu’il était techniquement possible. Ces décisions, à la fois contraires tant aux principes déontolo- giques qu’aux bases contractuelles du contrat type de collaboration diffusé par l’Ordre, nous ont conduits à les dénoncer. Aussi, il était nécessaire de ne pas oublier la situation des élèves-avocats. Ainsi, en mai dernier, l’UJA Marseille - avec celle d’Aix- en-Provence, Nice et Grasse - a interpelé l’EDASE sur la très grande inquiétude de ses élèves. Un très grand nombre d’entre eux, issu de ses deux promotions actuelles, nous a aler- tés sur la très grande difficulté pour trouver un stage PPI ou bien encore sur la suspension, voir la résiliation unilatérale, du stage final de cer- tains, et les conséquences immédiates sur le plan financier et les éventuelles conséquences pédagogiques pour le CAPA. Nous continue- rons à veiller à ce que les élèves-avocats ne soient pas oubliés, à veiller à ne pas oublier qu’ils sont les avocats de demain dont nous allons tous avoir besoin. Cette volonté de soutenir les jeunes avocats s’est également traduite par notre investissement au sein de la commission collaboration mise en place par notre bâtonnier afin de réfléchir à ces sujets et de proposer des évolutions pour le contrat de collaboration ou l’accompagnement des jeunes avocats. Enfin, nous avons décidé de continuer à vous proposer des formations sur les différents thèmes d’actualité de notre profession. Vous avez ainsi été près d’une centaine à suivre notre formation du mois d’octobre «Mon premier dossier de procédure collective : les premiers réflexes à avoir », organisée en partenariat avec le barreau de Marseille, la FNUJA et animée par notre confrère, Stéphanie Rousset-Rou- vière associé fondateur du cabinet d’avocats Nova Partners, ainsi que Maître Johanna Fabre, administrateur judiciaire. Si la formation prévue pour novembre « Le droit pénal face aux mineurs », en partenariat avec l’association « Innocence en Danger » et en présence de nos confrères Philippe Bonfils, Nathalie Damman, ainsi que Jean Boudot, a été reportée sine die, nous sommes détermi- nés à vous proposer d’autres formations en distanciel. À ce titre, dans les mois à venir, nous vous pro- poserons notamment les thèmes de formation suivants : en décembre, sur la médiation ; en janvier, sur la réforme du divorce ; en février, sur le RPVA et PLEX ; en mars, sur la réforme de la procédure civile et enfin, en avril, sur le droit de la peine. LA PAROLE AUX SYNDICATS «Si un membre souffre, tous les membres souffrent avec lui [ … ] » Saint-Paul La solidarité est une obligation à l’égard des robes qui sont désormais des cibles en France comme à l’international. Un impérieux soutien nécessaire au-delà des frontières, à tous les confrères et consœurs qui sont menacés [...]. 50 2E SEMES TRE 2020 JOURNAL DU BARREAU DE MARSE I L LE
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