JOURNAL DU BARREAU - 2

13 2E SEMES TRE 2020 JOURNAL DU BARREAU DE MARSE I L LE confinement a été difficile et éprou- vante, mais nous avons assumé et avons réussi à garder le contact entre nous. Nous avons assuré les audiences, grâce à des confrères volontaires ; nous avons mis en place des forma- tions à distance. Notre barreau s’est révélé avec encore plus de grandeur, dans l’adversité. Sans pour autant oublier, ce que les confrères n’ont peut-être pas vu, à savoir que nous avons continué à mener, parallèlement à toutes les difficultés rencontrées, plusieurs projets. Je pense au soutien perpétuel ap- porté à nos confrères en danger, notamment Me Nasrine Sotoudeh. Je pense, notamment, à la crèche qui sera en fonction en janvier 2021. Je pense aussi à la refonte du site de l’ordre qui sera, prochainement, plus didac- tique et plus ergonomique. Je pense, pareil- lement, à la campagne de publicité que nous avons menée sur les panneaux publicitaires de notre ville, dans la presse locale et natio- nale et sur les réseaux sociaux. Je pense enfin à la création, sous l'impulsion de Me Sylvie Campocasso, du Prix Littéraire du barreau de Marseille, dont le Figaro s’est fait l’écho. Ces deux années ont été particulièrement in- tenses et riches en émotion. Est-ce que ton regard a changé sur le barreau et plus généra- lement sur l’exercice de notre profession ? Yann Arnoux-Pollak : Mon regard n’a pas changé. Ces deux dernières années ont confirmé l’idée que je me faisais de mon bar- reau et de mon métier. Mon barreau, notre barreau, notre famille est remarquable, à tous les sens du terme. Il est remarquable parce qu’atypique, c’est ce qui fait sa beauté. Il est remarquable, parce que solidaire, c’est ce qui fait sa force. Ma profession est tout aussi diffi- cile que ce qu’elle est magnifique. Je persiste à croire que l’on ne devient pas avocat par hasard. On devient avocat parce qu’on a en soi le désir de défendre. Sur ces deux années, nous avons montré que nous étions capables de défendre les autres, mais éga- lement, pour une fois, que nous étions ca- pables de nous défendre, et ce, sans avoir à en rougir. Nous défendre nous-mêmes, c’est par exemple ce référé par-devant le Conseil d’État que le barreau de Marseille a été le premier à lancer le 6 avril 2020, lors du premier confinement, suivi en cela par les autres barreaux, le Conseil national des bar- reaux et la Conférence des bâtonniers. Mon regard n’a pas changé, il s’est aiguisé et il se tourne désormais vers l’avenir. PROPOS RECUEILLIS PAR JULIEN AYOUN VOTRE BARREAU Mon regard n’a pas changé, il s’est aiguisé et il se tourne désormais vers l’avenir.

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